Mercure : planète difficile et très peu intéressante à observer en dehors de ses
transits devant le Soleil, du fait de la proximité de ce dernier. Il ne s'en produit que 13 ou 14 par siècle.
Ces transits peuvent se produire en mai à des intervalles de 13 ou 33 ans, ou en novembre tous les 7, 13 ou 33 ans.
Le 11 novembre 2019, le dernier de ces rares transits était justement partiellement visible depuis la France, au coucher du Soleil.
Le prochain aura lieu le 13 novembre 2032.
En dehors de ces transits, Mercure est visible seulement quelques semaines par an, autour de ses élongations, dont les dates pour 2025 seront les suivantes :
- plus grande élongation ouest (donc visible le matin) : le 21 avril 2025 (27,4°), le 19 août 2025 (18,6°), le 7 décembre 2025 (20,7°)
- plus grande élongation est (donc visible le soir) : le 8 mars 2025 (18,2°), le 4 juillet (25,9°), le 29 octobre (23,9°)
Le 28 février, alignement de Saturne, Mercure, Vénus, Jupiter, Mars, Uranus et Neptune.
Vénus : depuis sa conjonction supérieure (se dit d'une planète intérieure lorsqu'elle se trouve alignée derrière le Soleil) le 4 juin 2024,
Vénus est une planète du soir. Depuis cette date, elle s'éloigne progressivement du Soleil dans le ciel jusqu'à sa plus grande élongation Est (à 47,2° du Soleil) le 10 janvier 2025.
Peu après cette date, Vénus sera en conjonction avec Saturne, le 18 janvier 2025 en soirée, à 2°12'.
Elle se rapprochera ensuite à nouveau du Soleil jusqu'à sa prochaine conjonction inférieure
(se dit d'une planète intérieure lorsqu'elle se trouve alignée devant le Soleil) qui aura lieu le 23 mars.
Entre le 18 et le 21 mars, un évènement rare se produira car la planète Vénus sera visible à la fois le soir et le matin dans l'hémisphère nord.
Ensuite elle ne sera visible plus que le matin et s'éloignera progressivement du Soleil jusqu'à sa plus grande élongation Ouest
le 1er juin 2025 (à 45,9° du Soleil).
La plus grande élongation suivante, Est, donc visible le soir, aura lieu le 15 Août 2026 (à 45,9° du Soleil également).
Vous pouvez consulter ici notre dossier sur un type de conjonction inférieure un peu particulier et malheureusement trop rarissime :
le transit devant le Soleil avec les photos du transit du 8 juin 2004.
Mars : une planète à observer plutôt en début d'année. Elle sera en effet en opposition le 16 janvier 2025, mais elle n'aura alors qu'un diamètre apparent de 14.57" (contre 17.19" lors de son apposition de 2022, 24.31" en 2018, et même 25.11" en 2003).
La pire opposition de la série restera celle du 19 février 2027, avec un diamètre apparent de 13.81" (cf. éphémérides de Mars).
En 2025, de nombreuses occultation de Mars par la Lune auront lieu, mais malheureusement elles ne seront pas visibles depuis la France, d'où l'on ne verra que des conjonctions rapprochées.
Ainsi, le 14 janvier, une occultation lunaire de mars sera visible depuis les continents américains et africain (et une conjonction à 3h48 TU depuis la France).
Même chose les 9 février, 30 juin, 28 juillet, où des occultations auront lieu mais seront invisibles en France.
Le 27 août 2003, Mars se trouvait au plus près de la Terre depuis 59 618 ans, à seulement 55 760 000 km,
alors qu'elle peut s'éloigner jusqu'à 400 millions de km!
Un simple télescope amateur permettait d'apercevoir Mars dans toute sa splendeur,
avec en particulier la calotte glaciaire au pôle sud. (voir notre dossier).
Pour la voir aussi bien qu'en 2003, il faudra attendre le 28 août 2287.
Jupiter était en opposition le 7 décembre 2024, dans la constellation du Taureau, à 4.09 UA de la Terre.
Son diamètre apparent était alors de 47" et c'était autour de cette date qu'elle était la plus intéressante à observer. La prochaine opposition de Jupiter est prévue le 10 janvier 2026.
La facilité avec laquelle un astre est observé dépend de sa hauteur sur l'horizon.
L'opposition étant, par définition, le moment où une planète est à l'opposé du Soleil par rapport à la Terre, et sachant que c'est au moment du solstice d'été que le Soleil est au plus haut dans le ciel pour un observateur de l'hémisphère Nord,
les planètes externes qui sont en opposition autour de cette période ont donc une déclinaison qui est au plus bas.
Elles sont donc moins faciles à observer.
Jupiter étant en Opposition tous les 399 jours (Période synodique de Jupiter), sa déclinaison au moment des oppositions varie donc suivant un cycle d'un peu moins de 11 ans, entre +23° les meilleures années, et -23° les pires.
Ainsi l'opposition de Jupiter du 7 décembre 2024 était plus favorable que les précédentes années.
La déclinaison était de +22° 03', alors qu'elle n'était que de +13° 37' en 2023.
Cependant ce sera moins bien que celle du 10 janvier 2026 qui sera la plus haute avec +22° 11'!
La photo ci-dessus a été prise le 25 octobre 2012 à 3h50 TU.
Voici les positions des 4 satellites galiléens (Io, Europe, Ganymède, Callisto), celles de leurs ombres en cas de transit, ainsi que la grande tâche rouge (GTR) lorsqu'elle est visible :
(attention il s'agit d'une vue directe, et non inversée comme avec un télescope !)
Saturne débutera l’année 2025 dans la constellation du Verseau. Elle sera le 12 mars à sa distance maximale de la Terre (ou apogée).
Elle n'aura alors qu'un diamètre apparent de 15" et sera à 10.6 UA.
Cette année, on pourra assister à une occultation de Saturne par la Lune le soir du 4 janvier.
Depuis l'observatoire de Thiviers, l'immersion aura lieu à 18h20.
L'émersion sera visible un peu plus d'une heure après.
Le premier satellite (Rhéa) émergera (pour Thiviers) vers 19h27'35.
Il sera rapidement suivi par Dioné, puis Encelade et les anneaux apparaitront une minute plus tard.
A peine 2 minutes après le début, soit à 19h29'24 pour Thiviers, la planète aura totalement émergé.
Mis à part cette évènement, c’est une planète à observer autour de son opposition, qui aura lieu le 21 septembre 2025.
Elle sera alors à 8,5 UA et aura un diamètre apparent de 19".
A noter que, tout comme Jupiter, la déclinaison de Saturne augmente au moment des oppositions au fur et à mesure qu'elles s'éloignent du solstice d'été.
Ainsi, pour Saturne, sa déclinaison qui n'était que de -07° 31' lors de l'opposition du 8 septembre 2024, sera de -x° x' lors de l'opposition du 21 septembre 2025.
Cette déclinaison va ainsi progressivement augmenter pour atteindre un maximum de +22° 24' le 24 décembre 2032 (c'est Kdo!).
De plus, la distance minimale de Saturne ira en diminuant à chaque fois, jusqu'à atteindre 8.03 UA
La photo ci-dessus a été prise à Thiviers le 30 janvier 2004 à 0h10.
Avec un instrument d'au moins 8cm de diamètre, vous vous apercevrez qu'il n'y a pas qu'un seul anneau qui entoure Saturne.
En fait, il en existe une multitude, et sur les 7 principaux qui existent, jusqu’à trois peuvent être visibles dans un télescope.
Ils sont nommés A, B et C.
L'anneau le plus extérieur est l'anneau A. Il mesure 14600 km de large.
L'anneau B est plus large, environ 25 600 km, et plus lumineux que l'anneau A.
Les anneaux A et B sont séparés par une zone sombre, large d’environ 4 500 km : la célèbre division de Cassini, découverte en 1675 par Jean-Dominique Cassini, l'astronome de Louis XIV.
Elle pourrait être due à l’attraction gravitationnelle de Mimas.
En observant attentivement l'anneau B, vous vous rendrez compte que s'assombrit légèrement vers l'intérieur.
L'anneau C est plus délicat à voir : mesurant 17 300 km et situé à l'intérieur de l'anneau B, il est presque transparent, au point que le globe de Saturne et les étoiles sont visibles au travers.
Également appelé "anneau de crêpe", il faut un télescope d'au moins 200 mm de diamètre pour parvenir à l'observer.
Encore plus difficile à repérer : la division d’Encke, avec ses 325 km de large.
Il s'agit d'une zone sombre, analogue à la division de Cassini, qui sépare en deux l'anneau A.
Un bon télescope de plus de 200 mm de diamètre et un bon ciel permettent de la distinguer au niveau des "anses" que dessine l'anneau de Saturne.
Elle est causée et façonnée par la lune Pan (diamètre de 32 km environ) qui orbite à l'intérieur.
En 2025, malheureusement, ces différents anneaux seront bien difficiles à observer depuis la Terre.
Le 23 mars 2025, l'angle d'inclinaison sous lequel sont vu les anneaux depuis la Terre tombera à 0.
C'est un phénomène qui se reproduit tous les 15 ans, la planète mettant une trentaine d'années à parcourir son orbite autour du Soleil.
Mais il se peut également que cette configuration se reproduise à des dates rapprochées.
Ce sera ainsi le cas le 15 octobre 2038, mais également les 1er avril et 9 juillet 2039.
Pour les voir dans les meilleures conditions possibles, avec une inclinaison maximale, il faudra patienter jusqu'en 2032.
Cependant, l'équinoxe de Saturne, qui n'a lieu que tous les 15 ans, et que nous allons vivre en 2025, et l'occasion d'observer un autre phénomène rare : ce sont sont les passages de l'ombre du satellite Titan à la surface de la planète.
Uranus : Cette planète est située dans la constellation du Taureau.
Elle sera en conjonction avec le Soleil le 18 mai 2025 (diamètre apparent de seulement 3.4"). Elle sera à observer plutôt autour de son passage en opposition qui aura lieu le 21 novembre 2025. Uranus aura alors un diamètre apparent de 3.7" (bon, OK, c'est quasiment pareil !) et se trouvera à presque 19 fois la distance qui sépare la Terre du Soleil.
Elle était à l’aphélie (au plus loin du Soleil) en 2009, et passera au périhélie en 2050. Courage !
Neptune : dernière planète du système solaire depuis que Pluton n'en est plus une.
Elle sera localisée dans la constellation des Poissons.
A observer autour de son opposition, qu'elle atteindra le 23 septembre 2025. C'est à ce moment-là qu'elle sera la plus brillante (magnitude de 7,7), et elle sera visible toute la nuit, du moins à l'aide d'un instrument, car invisible à l'oeil nu. Il faut au minimum une bonne paire de jumelle pour l'apercevoir.
Elle sera à son périgée (distance minimale à la Terre) le 23 septembre 2025, à une distance de 28.9 UA, et avec un diamètre apparent de 2.4".
A noter que depuis son dernier passage à l’aphélie en 1959, elle s’approche petit à petit du Soleil, et que son prochain passage au périhélie aura lieu le 3 septembre 2042.
(les instants sont donnés en Temps légal français)
coordonnées de l'observatoire de Thiviers:
45° 24' 53,5" N
- 0° 57' 08,8" E