<< M101 | M105 >> |
![]() |
Galaxie du Sombrero (NGC 4594) Constellation de la Vierge |
|
La galaxie M104 est également connue sous le nom de galaxie du Sombrero, en raison de sa forme. Située à environ 30 millions d'années-lumière de la Voie lactée, en direction de la constellation de la Vierge, la galaxie ne s'élève jamais très haut sur l'horizon, sous nos latitudes.
Pour la repérer, partez de l'étoile Algorab (qui signifie "aile droite du Corbeau"). Au Nord de cette étoile double (une composante bleue de 3ème magnitude et une composante orange de magnitude 8,5), vous trouverez un Y à l'envers. Messier 104 est à 1° au Nord-Est de l'étoile qui constitue la base du Y.
La galaxie est visible dans une lunette mais ne présente alors pas grand intérêt. En revanche, un télescope de 200 mm permet de déceler la large bande de poussière barrant le noyau brillant.
C'est une galaxie un peu atypique car même si elle se présente comme un disque avec un bulbe et bien qu'on la qualifie parfois de galaxie spirale, les caractéristiques de son halo, révélées dans l'infrarouge par le télescope Spitzer, la rapprochent plutôt des galaxies elliptiques. Son bulbe contient un trou noir supermassif d'un milliard de masses solaires et il a été découvert au début des années 1990 avec Hubble en déterminant les mouvements d'étoiles dans ce bulbe, une méthode utilisée aussi pour découvrir et peser le trou noir central de notre Galaxie qui, lui, ne contient qu'un peu plus de 4 millions de masses solaires.
En 2024, ce sont de nouvelles images dans l'infrarouge moyen qui ont été prises avec l'instrument Miri (Mid-Infrared Instrument) du télescope spatial James-Webb qui enrichissent notre connaissance de M104. L'anneau extérieur de la galaxie du Sombrero y apparaît pour la première fois avec des amas complexes, mettant en évidence de nouveaux détails sur la répartition de la poussière. Miri y détecte également maintenant la présence d'hydrocarbures aromatiques polycycliques pouvant trahir la présence de régions de formation de nouvelles étoiles. Celle-ci est cependant moins active que dans le cas de la Voie lactée où le taux de formation est d'environ deux masses solaires par an contre moins d'une dans M104 et 10 dans Messier 82 (également connue sous le nom de galaxie du Cigare).
Selon la Nasa : « Au sein de la galaxie du Sombrero se trouvent également quelque 2 000 amas globulaires, un ensemble de centaines de milliers d'étoiles anciennes maintenues ensemble par la gravité. Ce type de système sert de pseudo-laboratoire aux astronomes pour étudier les étoiles - des milliers d'étoiles au sein d'un même système ayant le même âge, mais des masses et d'autres propriétés différentes, ce qui constitue une opportunité pour des études comparatives. »
Découverte par l'astronome français Pierre Méchain qui, avec son ami Charles Messier, est l'un de ceux qui découvrirent le plus d'objets du ciel profond avant William Herschel, cette galaxie, ne faisait pas partie de la première édition du catalogue Messier. Elle avait été ajoutée par celui-ci le 11 mai 1781 dans son propre exemplaire, et décrite comme étant une "très faible nébuleuse". Il s'agit pourtant bien d'une galaxie de type Sa-Sb, mais il faut rappeler que Charles Messier observait principalement avec une lunette non-achromatique de 50 mm d'ouverture et de plus d'un mètre de focale, ou avec un petit télescope dont le miroir de 150 mm seulement était fait d'un alliage de cuivre et d'étain dont l'oxydation faisait qu'il ne réfléchissait qu'une faible quantité de la lumière reçue.